0


  • Enquête publique
  • Enquête publique portant sur la modification du PLU et le zonage d'assainissement...
    Lire la suite
Félix Gras
Le Félibrige (en langue d'oc : lou Felibrige selon la norme mistralienne) est une association déclarée selon la loi du 1er juillet 1901, qui œuvre dans un but de sauvegarde et de promotion de la langue provençale, de la culture et de tout ce qui constitue l'identité des pays de langue d'oc. Son siège social est au Museon Arlaten (Palais du Félibrige, Arles).

Le Félibrige a été fondé au château de Font-Ségugne (Châteauneuf-de-Gadagne, Vaucluse), le 21 mai 1854, jour de la sainte Estelle, par sept jeunes poètes provençaux : Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giéra, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan. Ensemble, ils entendaient restaurer la langue provençale et en codifier l'orthographe.

Les félibres majoraux (felibre majourau) nommés depuis à la tête du mouvement, au nombre de 50, sont élus à vie par cooptation et détenteurs d'une cigale d'or, qui se transmet à leur mort comme un fauteuil d'académie. Chaque cigale porte un nom symbolique référent à une région, à une ville, à un fleuve ou à une valeur félibréenne. Les félibres majoraux composent le consistoire qui est le gardien de la philosophie de l'association.

Le Félibrige est présidé par le capoulié qui est obligatoirement un des cinquante félibres majoraux. Jacques Mouttet est l'actuel capoulié du Félibrige, XIVe successeur de Frédéric Mistral à la tête du mouvement, après Joseph Roumanille, Félix Gras, Pierre Devoluy, etc.

FELIX GRAS (1844-1901), 3ème capoulié du Félibrige, originaire de Malemort.

Félix Gras né à Malemort-du-Comtat le 3 mai 1844 et décédé à Avignon le 4 mars 1901, juriste et poète de langue provençale, fut le 3ème Capoulié du Félibrige à la suite de son beau-frère Joseph Roumanille.

Il découvrit la poésie à travers Homère et Mirèio (Mireille) paru en 1859, il assista aux triomphes des félibres de la première génération (cf ci-dessus) et décida de suivre leurs traces. Cette voie lui fut facilitée par le mariage de sa sœur, en 1863, la félibresse Rose-Anaïs (1841-1920) avec Joseph Roumanille qui s'étaient connus aux « Jeux Floraux » d'Apt. Son talent et son enthousiasme conquirent immédiatement Frédéric Mistral.

Il profita de la célébration du premier centenaire de la Révolution pour balayer les ultimes tentatives de dénigrements de celle-ci y compris chez les félibres tenants de la restauration monarchique – dont Frédéric Mistral. Ce qui lui valut de faire, en 1891, le discours d'inauguration du Monument du centenaire du rattachement d'Avignon à la France, en 1890 en présence de Sadi Carnot, président de la République. Puis, un an plus tard, alors qu'il venait d'être nommé Capoulié du Félibrige, de prononcer un fervent discours républicain à Carpentras, ce qui lui valut le surnom de "Félibre rouge".

Il se consacra dès lors à son œuvre majeure, Li Rouge dóu Miejour (Les "Rouges du Midi"), qui lui valut une réputation nationale et internationale. Publiée d'abord en feuilleton dans la journal Le Temps, son épopée révolutionnaire parue conjointement à New York et en Angleterre où elle fit l'admiration du premier ministre Gladstone en 1896. Traduit ensuite en suédois, son ouvrage fut publié en 1900 en français par l'éditeur de Victor Hugo. À côté du succès de librairie qu'elle provoqua, cette édition lui valut les foudres de Charles Maurras et les réserves de Frédéric Mistral qui dénonça « un carnaval et un bourbier politicien extraordinaires ».

Le roman relate en une vaste fresque historique les mauvais traitements endurés par les paysans de Malemort du fait de l'aristocratie locale, la montée du « bataillon des Marseillais » et des Provençaux à Paris pour aller défendre la Révolution en chantant la Marseillaise, puis la période de la "Terreur" et de la "Terreur blanche"(1792-1794) et les suites (1er Empire jusqu'à Waterloo).

Le poète décéda en 1901 et sur sa tombe à Malemort, il avait voulu que fut gravé :

« Ame moun vilage mai que toun vilage, ame ma Prouvènço mai que ta prouvinço, ame la Franço mai que tout. » (j'aime mon village plus que ton village, j'aime ma Provence plus que ta province, j'aime la France plus que tout).